Amputé des deux jambes, sans prothèses, uniquement avec la force de ses bras : le 20 mai 2026, Rustam Nabiev a posé les mains sur le sommet de l’Everest à 8 848,86 mètres d’altitude. Il est 8h16, heure du Népal. Il tient une plaque. Dessus, quelques mots qui résument neuf ans de combat : « À ceux qui pensaient que la vie s’était arrêtée après la chute. »
Je ne suis pas alpiniste professionnel — j’ai fait quelques 4 000 mètres dans les Alpes, et c’était déjà une autre dimension. Alors quand j’ai vu la nouvelle tomber ce matin-là, j’ai relu deux fois. Parce que l’Everest, même avec deux jambes solides, un équipement dernier cri et une équipe de guides sherpas aguerris, reste l’une des épreuves les plus brutales que l’être humain puisse s’infliger. Ce que Nabiev a accompli ce printemps 2026 dépasse simplement tout ce qu’on croyait possible.
Sommaire
ToggleLe jour où tout a basculé
Nous sommes en 2015. Rustam Nabiev est parachutiste militaire russe. Un homme entraîné, solide, dont le quotidien tourne autour de l’effort physique et de la maîtrise du corps. Puis l’impensable : l’effondrement d’une caserne militaire lui coûte les deux jambes. Du jour au lendemain, tout ce qu’il connaît de lui-même — sa mobilité, son identité de sportif, son avenir tel qu’il l’avait imaginé — s’effondre avec les murs.
Ce genre de traumatisme brise la plupart des gens. Pas par manque de courage, mais parce que la reconstruction après une double amputation est un chemin long, douloureux et souvent invisible. La rééducation. Les deuils successifs. Le regard des autres. Les nuits où l’on ne sait plus très bien pourquoi on continue.
Nabiev, lui, a choisi de redéfinir ce que son corps pouvait faire. Pas en niant ce qui s’était passé, mais en construisant quelque chose de nouveau sur les décombres. Quelque chose d’immense, comme on allait le découvrir.

Rustam Nabiev au sommet du Mera Peak
De la caserne effondrée au toit du monde
Entre 2015 et 2026, Nabiev ne s’est pas contenté de « s’en sortir ». Il a développé une force physique et mentale hors norme, progressant dans l’alpinisme avec une approche radicale : aucune prothèse, uniquement ses bras. Ce choix n’est pas anodin. Il aurait pu tenter l’ascension avec des équipements adaptés, des prothèses techniques conçues pour la montagne. Il a préféré démontrer quelque chose de plus brut, de plus direct.
La préparation pour l’Everest ne s’improvise pas. Même pour un alpiniste valide, plusieurs années de progression en haute altitude sont nécessaires. Il faut accumuler les expériences en zone de mort, comprendre comment son corps réagit au manque d’oxygène, apprendre à gérer la météo himalayenne et les risques d’œdème pulmonaire ou cérébral qui peuvent tuer en quelques heures au-dessus de 8 000 mètres.
Pour quelqu’un qui progresse uniquement avec ses bras, les contraintes sont encore amplifiées. La dépense énergétique est colossale. Les membres supérieurs ne sont pas conçus pour porter le poids du corps sur des pentes à 45 degrés dans le froid et l’hypoxie. Chaque camp de base, chaque rotation d’acclimatation, chaque pas vers le sommet représentait un défi que personne avant lui n’avait relevé sous cette forme.

Comment il a gravi l’Everest sans jambes
La réalité physique d’une ascension hors norme
Voici ce que ça signifie concrètement de gravir l’Everest sans jambes, avec ses seuls bras :
- Au-dessus de 8 000 mètres, l’air contient environ un tiers de l’oxygène disponible au niveau de la mer. Chaque mouvement des bras demande un effort cardiovasculaire extrême.
- La zone de la mort (au-delà du camp 4, vers 7 900 m) est le segment le plus meurtrier : froid polaire, vents violents, visibilité parfois nulle, et un corps qui commence à se consumer faute d’oxygène suffisant.
- Le passage Hillary Step et les dernières centaines de mètres vers le sommet sont techniquement exigeants même pour des alpinistes expérimentés sur deux jambes. Nabiev les a négociés en s’appuyant sur ses poignets, ses coudes, et une force mentale qui force le respect.
- La descente, souvent plus dangereuse que la montée, représentait elle aussi un défi immense — la fatigue musculaire des bras après des heures d’effort en altitude est une menace réelle.
L’équipe et les conditions de la saison 2026
La saison de printemps est la fenêtre classique pour tenter l’Everest, avec des créneaux météo plus favorables en mai. En 2026, plusieurs centaines d’alpinistes ont tenté l’ascension lors de cette période. Nabiev faisait partie de ceux qui ont réussi à saisir la bonne fenêtre. Le 20 mai, à l’aube népalaise, il a posé les mains sur le point le plus haut de la planète. Une première absolue dans l’histoire de l’humanité pour un double amputé sans prothèses.

Ce message qui a touché des millions de personnes
Depuis le sommet, Nabiev a publié une photo et un texte qui ont rapidement circulé sur les réseaux sociaux dans le monde entier. Sa plaque, tenue face à l’objectif avec le ciel himalayan derrière lui, portait ces mots simples : « À ceux qui pensaient que la vie s’était arrêtée après la chute. Rustam Nabiev, Everest 2026. »
Dans sa publication, il a dédié cette ascension à tous ceux qui le soutiennent à travers le monde, et a résumé en une phrase ce que représentait cet exploit pour lui : « Tant qu’il y a de la vie en vous, battez-vous jusqu’au bout — cela en vaut la peine. »
Ce qui frappe dans ce message, c’est son absence totale de grandiloquence. Pas de discours héroïque, pas de mise en scène. Juste une phrase adressée à ceux qui, quelque part, ont aussi vécu leur propre « chute » — qu’elle soit physique, professionnelle, personnelle. L’universalité de ce message est précisément ce qui lui a donné une telle résonance en ligne.
Des milliers de commentaires ont afflué de personnes traversant des rééducations, des deuils, des échecs — des gens qui ont vu dans cette image une preuve concrète que la reconstruction est possible. Pas facile. Pas rapide. Mais possible.

Pourquoi cet exploit change l’histoire de l’alpinisme
Une première mondiale qui restera dans les livres
L’Everest a été gravi pour la première fois en 1953 par Edmund Hillary et Tenzing Norgay. Depuis, des centaines de records et de premières ont été enregistrés : premier sans oxygène, première femme, plus jeune grimpeur, ascension la plus rapide. Chacun repousse une limite différente.
Ce que Nabiev vient d’accomplir en mai 2026 s’inscrit dans cette longue liste — mais avec une dimension supplémentaire. Il ne s’agit pas d’un record de performance sportive pure, mais d’une démonstration de ce que le corps humain peut faire quand la volonté refuse de négocier avec l’impossible.
Ce que ça change pour la communauté du handicap
Au-delà de l’alpinisme, cet exploit résonne profondément dans la communauté des personnes en situation de handicap. Il pose une question inconfortable mais nécessaire : jusqu’où avons-nous sous-estimé le potentiel de ceux qui vivent avec un corps différent ?
Les associations de rééducation, les coachs spécialisés dans le sport adapté, les médecins qui accompagnent des patients amputés — beaucoup ont réagi en soulignant que ce type d’exploit, aussi exceptionnel soit-il, change le regard que les patients eux-mêmes portent sur leur propre avenir. Pas parce que tout le monde doit viser l’Everest. Mais parce que voir quelqu’un franchir cette limite repousse mentalement toutes les autres.

FAQ
Rustam Nabiev est-il le premier amputé à avoir gravi l’Everest ?
Non, mais la nature de son exploit constitue une première absolue dans l’histoire de l’himalayisme.
- Le contexte historique : Plusieurs alpinistes en situation de handicap ou amputés ont déjà foulé le sommet de l’Everest par le passé, en s’aidant généralement de prothèses hautement technologiques adaptées à la marche sur glace et au cramponnage.
- Le caractère unique : Ce qui distingue fondamentalement la réussite de Rustam Nabiev, c’est qu’il s’agit de la toute première ascension complète menée à bien par un homme double amputé des jambes sans aucune prothèse. Sa progression s’est faite exclusivement à la seule force de ses bras.
Comment Nabiev a-t-il pu progresser sans jambes sur les pentes de l’Everest ?
Sa progression a nécessité une force athlétique hors norme et une endurance des membres supérieurs unique.
- La technique : Pour franchir le dénivelé et les murs de glace, Nabiev a sollicité intensément ses bras, ses épaules et ses poignets. Il s’est hissé mètre par mètre en se verrouillant sur les cordes fixes préalablement installées sur l’itinéraire par les équipes de guides.
- L’effort physique : Alors qu’un alpiniste valide utilise la puissance de ses cuisses pour s’élever, l’intégralité du poids du corps de Nabiev et de son équipement reposait sur ses bras, sans possibilité de relâcher la pression ou de transférer ses appuis sur les membres inférieurs.
Quelle voie a-t-il empruntée pour cette ascension ?
L’expédition s’est déroulée durant la grande campagne de printemps 2026.
- La période : Il a profité des fenêtres météo favorables du mois de mai, période traditionnelle pour les tentatives sur le toit du monde.
- L’itinéraire : Bien que ses communications officielles ne détaillent pas le schéma technique pas à pas, la logistique s’est inscrite sur la voie normale classique du versant népalais. Cet itinéraire mythique passe notamment par la cascade de glace du Khumbu, la combe ouest et le col sud avant d’attaquer l’arête sommitale.
Quel est le message principal que Nabiev a voulu transmettre ?
Son ascension se veut avant tout un manifeste universel de dépassement et de courage.
- Un symbole de résilience : Victime d’un grave accident en 2015 qui lui a coûté ses deux jambes, Rustam Nabiev a conçu ce projet comme un signal d’espoir destiné à toutes les personnes traversant des traumatismes ou des ruptures de vie majeures.
- La philosophie : En déclarant depuis le sommet « Tant qu’il y a de la vie en vous, battez-vous jusqu’au bout », il synthétise près d’une décennie d’efforts, de rééducation et de combats personnels, prouvant que les barrières psychologiques sont souvent les plus importantes à briser.
À propos de Esteban
Je m'appelle Esteban, passionné de trekking et amoureux de la haute montagne depuis toujours. Chaque sommet représente pour moi bien plus qu’un défi physique : c’est une aventure humaine, une quête de liberté et une connexion profonde avec la nature. Des sentiers escarpés des Alpes aux grandes expéditions en altitude, je recherche l’authenticité, le dépassement de soi et les paysages qui coupent le souffle.
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Tout à fait !
Incroyable la tentative du japonais Yuichiro Miura. Descendre en parachute, fallait y penser 😂😂
2 messages sur “Amputé des deux jambes, il gravit l’Everest avec ses seuls bras”
incroyable ce quil a fait !!!!
En effet 🙂