Comment optimiser son équipement outdoor : les secrets de Benjamin Védrines

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Comment optimiser son équipement outdoor : les secrets de Benjamin Védrines

L’optimisation de l’équipement outdoor commence rarement là où on le croit. Pas forcément dans la sélection d’une veste high-tech ou d’un sac ultraléger dernier cri — mais souvent dans un geste beaucoup plus simple : poser ses affaires sur une balance. C’est ce qu’a compris depuis longtemps Benjamin Védrines, l’un des alpinistes les plus rapides de sa génération, capable d’enchaîner des lignes techniques en haute montagne avec une efficacité déconcertante. Et quand David Gutler, dans son podcast Mountain Mentor, lui a tendu le micro pour parler de légèreté, ce qu’il a dit méritait vraiment qu’on s’y attarde.

J’ai regardé cet épisode deux fois. Pas parce que les conseils sont révolutionnaires en théorie — mais parce que les voir appliqués, gramme par gramme, par quelqu’un qui les vit vraiment, ça change la perspective.

La philosophie du gramme, ou pourquoi chaque détail compte

Il y a une phrase de Benjamin qui résume tout : « En montagne sur les 8000, je regarde les photos et je vois toujours des grammes qu’on aurait pu enlever. » Ce n’est pas de l’obsession mal placée. C’est une vision systémique du poids.

Quand on parle d’alléger son équipement, la plupart des gens pensent à remplacer leur tente par un modèle ultralight ou à investir dans des chaussures carbone. Ce sont des décisions qui coûtent cher et qui ne s’appliquent pas à tout le monde. Mais l’approche de Benjamin est différente : elle consiste à repasser chaque pièce d’équipement existante avec un regard critique, et à supprimer tout ce qui ne sert pas directement à l’objectif.

L’accumulation est le vrai problème. Cinq grammes ici, seize là, trente-trois ailleurs — et avant même de s’en rendre compte, on porte un kilo de trop. Un kilo qui, sur une longue journée en terrain technique, fait toute la différence entre arriver frais et arriver épuisé.

Ce que Benjamin retire concrètement de son équipement

Les étiquettes, premier ennemi invisible

La première chose qu’il fait avec un vêtement neuf ? Il coupe l’étiquette. Systématiquement. Les marques sont tenues par la loi d’apposer ces petits morceaux de tissu imprimé — mais rien n’oblige l’alpiniste à les garder. Benjamin a pesé plusieurs étiquettes issues de différentes pièces : cinq grammes en tout. Avec un système de couches multiples (trois à cinq pièces sur le haut du corps, deux à trois sur le bas), ça représente facilement l’équivalent d’une barre énergétique en moins à porter.

C’est symbolique, me direz-vous. Mais c’est précisément ça, la logique : tout est symbolique jusqu’à ce que l’accumulation devienne réelle.

Le bandeau de la frontale

Les frontales sont livrées avec de larges sangles en caoutchouc, conçues pour une tête sans casque, pour un confort maximal dans des conditions variées. Résultat : elles sont souvent surdimensionnées pour l’alpinisme. Benjamin retire systématiquement le bandeau épais de sa frontale. 33 grammes gagnés, rien qu’avec ça. Et niveau confort ? Aucune différence, puisque la frontale repose de toute façon sur le casque.

Les lunettes et les accessoires de protection

Même raisonnement pour les lunettes de glacier : les élastiques de fixation standard sont remplacés par des alternatives plus fines. Ce n’est plus une question de confort — c’est une question de pertinence. Si la fonction est assurée avec moins de matière, pourquoi conserver plus ?

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Optimiser son sac à dos sans tout racheter

C’est peut-être le passage le plus intéressant de l’épisode. Benjamin prend un sac classique et montre, poche par poche, ce qui peut partir.

Voici ce qu’il retire ou coupe dans la plupart de ses sacs :

  • La poche interne en mesh — souvent inutilisée ou redondante avec d’autres rangements
  • Le panneau dorsal rigide — confort sacrifié pour le poids, compensé par un placement intelligent des affaires
  • Les systèmes de maintien inutilisés — mousquetons, anneaux, sangles de compression non nécessaires pour l’objectif du jour
  • Les renforts de structure non indispensables — selon le type de sortie et la charge prévue
  • Certaines fixations extérieures — souvent présentes pour des usages polyvalents qui ne correspondent pas à l’activité ciblée

Résultat sur un seul sac : 53 grammes retirés, sans compter les modifications sur les sangles. Ce n’est pas anodin. Et contrairement à ce qu’on pourrait craindre, le sac reste pleinement fonctionnel — à condition d’apprendre à mieux l’organiser. Benjamin insiste : quand on retire le panneau dorsal, il faut placer la doudoune au contact du dos. C’est elle qui amortit et isole. Le poids oblige à réfléchir au rangement, ce qui en soi améliore l’efficacité.

La balance : l’outil le plus sous-estimé de l’alpiniste

David Gutler raconte avoir été soufflé en voyant Benjamin sortir une petite balance de cuisine au camp de base du Nanga Parbat. Pas pour peser la nourriture — pour peser chaque élément de son équipement, un par un, avant de partir en altitude.

Cette approche est utilisée par beaucoup d’alpinistes d’élite mais rarement transmise. Elle force à prendre conscience du poids réel plutôt qu’estimé. Et l’estimation, on le sait, est toujours optimiste.

Je valide complètement cette méthode. J’ai commencé à utiliser une petite balance avant mes sorties de fastpacking, et ce qui m’a frappé, c’est à quel point certaines pièces que je croyais « légères » étaient bien plus lourdes que prévu — et à l’inverse, certains équipements réputés « lourds » bien moins problématiques qu’anticipé.

La balance enlève les biais. Elle donne des faits. Et les faits permettent de décider avec lucidité.

Pour qui s’appliquent ces principes

L’approche de Benjamin est pensée pour l’alpinisme technique et les longues journées en montagne. Mais elle se transpose très bien à d’autres pratiques :

Ski de randonnée : chaque gramme économisé sur la montée se sent dans les jambes au cinquième dénivelé. Les peaux, les fixations, le sac — tout peut être réexaminé.

Fastpacking : c’est littéralement le sport né de cette philosophie. Courir ou marcher vite sur plusieurs jours impose une rigueur sur le poids qui pousse à des choix similaires à ceux de Benjamin.

Trekking longue distance : sur un GR ou un trek en autonomie, même les routards aguerris portent souvent deux à trois kilos de trop. La méthode fonctionne aussi bien ici.

Trail running : moins de personnalisation possible sur le matériel, mais le raisonnement sur les layers, les accessoires et les chaussures reste pertinent.

Ce que cette méthode dit vraiment sur la performance

Aller plus vite en montagne ne dépend pas uniquement de la forme physique. Un alpiniste bien entraîné mais surchargé sera toujours moins efficace qu’un alpiniste légèrement moins affûté mais intelligent dans ses choix d’équipement. La légèreté est un multiplicateur de performance.

Ce que Benjamin incarne, c’est une forme de discipline qui va au-delà du matériel : c’est une pensée systémique appliquée à l’effort. Chaque décision — couper une étiquette, retirer un bandeau, vider une poche inutile — est un signal envoyé à soi-même : je prends au sérieux chaque paramètre de ma préparation.

Et ça, aucune marque ne peut vous le vendre.

FAQ

Est-ce que couper des pièces de son équipement annule la garantie ?

Oui, les modifications irréversibles invalident généralement la garantie constructeur.

  • Les risques : Dès lors qu’une modification altère la structure ou le design d’un produit (comme couper une sangle, retirer une boucle ou raccourcir un cordon), le fabricant décline toute responsabilité en cas de rupture ou d’usure prématurée.
  • Ce qui est toléré : Le découpage des étiquettes intérieures de lavage ou le retrait d’accessoires purement amovibles n’affecte pas la garantie. Avant de sortir les ciseaux pour s’attaquer à des pièces fonctionnelles, lisez attentivement les conditions d’achat de la marque.
Faut-il une balance de précision ou une balance classique suffit ?

Une simple balance de cuisine standard se révèle largement suffisante pour débuter.

  • Le matériel : Un modèle électronique grand public offrant une précision à 0,1 gramme près, disponible pour moins de 15 €, convient parfaitement pour peser vos accessoires, vêtements et petits outils.
  • La philosophie : L’objectif n’est pas d’obtenir une précision scientifique absolue, mais de baser vos choix sur des données réelles et concrètes. Peser son matériel permet de prendre conscience du poids de chaque objet afin d’arbitrer objectivement ce qui est indispensable ou superflu.
Ces conseils s’appliquent-ils aussi à un randonneur débutant ?

La démarche est universelle, mais l’exécution doit être progressive.

  • Les bons réflexes : L’évaluation systématique du poids et l’audit minutieux du contenu du sac à dos sont d’excellentes habitudes à prendre, quel que soit le niveau de pratique. Cela évite de se surcharger inutilement.
  • La prudence : Les modifications physiques irréversibles (couper les sangles d’un sac, amputer une veste) demandent une excellente connaissance de ses propres besoins sur le terrain. Si vous débutez, commencez par éliminer les emballages superflus et les étiquettes avant de vous attaquer au matériel lui-même.
Quel est le gain total réaliste sur un équipement complet ?

Les économies de poids accumulées bout à bout finissent par représenter un volume considérable.

  • En alpinisme : En optimisant chaque élément, en traquant les grammes superflus et en ajustant les longueurs, Benjamin évoque la possibilité de gagner facilement un kilo sur l’ensemble d’une panoplie technique de haute montagne.
  • En randonnée : Pour un équipement de trekking classique, une chasse aux grammes bien menée permet d’alléger son paquetage de 400 à 700 grammes. Le grand avantage de cette méthode est qu’elle offre un gain de confort immédiat sans nécessiter le moindre investissement financier dans du matériel ultra-léger coûteux.
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3 messages sur “Comment optimiser son équipement outdoor : les secrets de Benjamin Védrines”

  1. Leo dit :

    Superbes astuces, merci. Ça va être compliqué de revendre ça sur le bon coin avec les étiquettes manquantes 🤣🤣🤣

    1. OutWild dit :

      En effet 🙂

  2. Eric 38 dit :

    En Alpinisme, la base c’est la question : « Est-ce que je peux mourir parce que je n’aurais pas emmené ce truc ? »

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