Alice Morrison en Arabie saoudite : 2 200 km à pied à travers le désert

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Alice Morrison en Arabie saoudite : 2 200 km à pied à travers le désert

Alice Morrison a traversé l’Arabie saoudite à pied — 2 200 kilomètres en 112 jours, à raison d’environ 20 km par jour. Entamée en janvier 2025, cette aventure hors norme la place parmi les plus grandes marcheuses d’exploration de notre époque. À 62 ans, cette Écossaise a relié la frontière jordanienne à la frontière yéménite, en passant par Médine, sous des températures parfois proches de 40 °C. Un exploit qui me laisse sans voix, et que peu de randonneurs chevronnés oseraient même imaginer.

Ce qui frappe d’emblée dans ce périple, c’est l’audace tranquille de Morrison. Pas de quête de record pour le record. Pas de performance médiatique vide. Juste une femme, ses chameaux, son équipe, et des milliers de kilomètres de désert à affronter.

Une traversée en deux étapes, une logistique millimétrée

Morrison ne s’est pas lancée tête baissée. Trois ans de préparation ont précédé le premier pas. Elle a découpé son itinéraire en deux segments bien distincts, sur deux hivers consécutifs, pour éviter la fournaise de l’été saoudien et le Ramadan — période qui complique considérablement les déplacements et l’approvisionnement.

La première étape couvrait 930 km, de la frontière jordanienne jusqu’à Médine, en suivant l’antique chemin de pèlerinage. Historiquement chargé, ce tracé traverse des paysages arides mais d’une beauté saisissante, que peu d’Occidentaux ont foulé à pied.

La seconde étape, de 1 270 km, descendait vers le sud jusqu’à la frontière yéménite. Plus longue, plus dure, plus isolée. Et pourtant, même avec cette planification rigoureuse, les températures ont régulièrement culminé à 39 °C. Morrison l’a d’ailleurs formulé avec une franchise désarmante dans son blog : « Je ne sais pas exactement à quel point l’enfer est infernal, mais je pense que nous nous en approchons. »

La chaleur, l’ennemi principal

Quand on marche au Maroc ou en Jordanie — deux terrains que Morrison connaît bien pour y avoir déjà réalisé des traversées —, la chaleur est gérée comme une contrainte parmi d’autres. En Arabie saoudite, elle devient le centre de tout.

La routine quotidienne de l’équipe en dit long :

  • Réveil à 4h45 pour partir avant que le soleil ne prenne de la hauteur
  • Départ à 6h00, marche continue jusqu’à 9h30 pour la pause thé
  • Retour au camp en début d’après-midi, déjeuner, puis sieste à l’ombre d’un buisson
  • Reprise possible au coucher du soleil, selon l’étape et les forces en présence

Ce schéma n’est pas un luxe — c’est une nécessité vitale. S’exposer aux heures centrales de la journée avec un sac sur le dos dans ce type d’environnement, c’est jouer avec sa survie. L’eau et la chaleur étaient, selon ses propres mots, « les deux principaux défis » permanents du voyage.

Marcher avec des chameaux : un choix stratégique

L’équipe de Morrison ne se limitait pas à quelques compagnons humains. Deux chameaux accompagnaient chaque étape, supervisés par un chamelier dédié, aux côtés d’un cuisinier et d’un véhicule d’assistance pour le ravitaillement en eau. Shaya Al Shaya marchait à ses côtés au quotidien.

Les chameaux ne sont pas là pour faire joli. Dans un désert sans infrastructure, ils permettent de transporter le matériel de campement, les vivres et surtout les réserves d’eau. Sans eux, une telle traversée serait tout simplement impossible en autonomie réelle.

Ce qui m’a particulièrement touché en lisant son blog : même un des chameaux a développé des ampoules. Quand l’animal de trait du désert souffre de ses pieds, ça donne une idée concrète de l’intensité du terrain. Morrison, elle, marchait dans du sable profond — une épreuve que tout randonneur ayant mis les pieds dans un erg saharien connaît bien. Chaque pas demande un effort musculaire supplémentaire, la cheville s’enfonce, l’énergie se consume deux fois plus vite.

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Photo: alicemorrison.co.uk

Une exploratrice, pas une simple marcheuse

Ce qui distingue Morrison d’un aventurier lambda, c’est la profondeur de son engagement. Journaliste et arabisante, elle parle couramment l’arabe — appris à l’université, perfectionné à la BBC Arabic TV — et vit à Marrakech depuis des années. Elle n’est pas une touriste qui traverse ; elle comprend, documente, interagit.

Tout au long du parcours, elle a travaillé avec des femmes saoudiennes engagées dans des projets de conservation du patrimoine, d’élevage de chameaux et de fouilles archéologiques. Elle les a accompagnées sur le terrain, filmé leurs travaux, mis en lumière leurs actions souvent invisibles aux yeux du monde occidental.

« Elles font bouger les choses de l’intérieur et elles en sont fières », a-t-elle confié à Gulf News. Cette phrase résume une réalité souvent mal rendue dans les médias : l’Arabie saoudite change, de l’intérieur, portée par des femmes qui ne font pas de bruit mais avancent concrètement.

Des trésors archéologiques au cœur du désert

Le désert saoudien n’est pas qu’un vide de sable. Morrison l’a compris mieux que quiconque. Sur son chemin, elle a documenté des tombes de l’âge du bronze et de l’âge de pierre, des gravures rupestres vieilles de 4 000 ans, des sites que la plupart des archéologues n’atteignent qu’avec des mois de logistique.

Ces découvertes, rarement accessibles au grand public, alimenteront un documentaire en cours de production. Une grande partie du voyage a été filmée, transformant cette marche en une œuvre à la fois géographique, humaine et historique. C’est là le vrai génie du projet : combiner l’exploit physique avec une mission documentaire et culturelle.

Ce que ce voyage m’inspire, en tant que passionné de grands itinéraires

J’ai eu la chance de marcher plusieurs semaines en autonomie dans des environnements exigeants — rien de comparable à ce qu’accomplit Morrison, mais suffisant pour mesurer l’échelle de ce qu’elle réalise. La gestion de la chaleur, la logistique eau, la fatigue mentale accumulée sur des semaines… chaque élément qu’elle décrit résonne avec une vérité que seuls ceux qui ont mis les pieds dans un désert comprennent vraiment.

Ce qui me frappe le plus ? La régularité. 20 km par jour pendant 112 jours. Pas de sprint, pas de journée héroïque à 50 km. Juste une constance méthodique, jour après jour, par 39 degrés. C’est ça, la vraie endurance — moins spectaculaire que les exploits en altitude, mais mentalement d’une exigence redoutable.

En 2026, alors que les grandes traversées pédestres suscitent un intérêt grandissant, Morrison rappelle que l’exploration n’appartient pas aux jeunes. À 62 ans, elle redéfinit ce que signifie être aventurière — et c’est peut-être le message le plus fort de tout ce périple.

Alice Morrison en Arabie saoudite : 2 200 km à pied à travers le désert

FAQ

Combien de kilomètres Alice Morrison a-t-elle parcourus en Arabie saoudite ?

L’exploratrice écossaise a accompli une traversée monumentale à pied du nord au sud du pays.

  • Les chiffres clés : Alice Morrison a parcouru une distance totale de 2 200 kilomètres. Ce périple extrême lui a demandé 112 jours de marche effective en plein désert.
  • Le rythme : Pour relier la frontière jordanienne à la frontière yéménite, elle a maintenu une régularité impressionnante avec une moyenne quotidienne d’environ 20 kilomètres de marche, progressant à travers des terrains souvent sablonneux et exigeants.
Pourquoi a-t-elle divisé cette grande traversée en deux étapes distinctes ?

Cette coupure stratégique était une condition absolue pour garantir la survie de l’expédition.

  • La gestion du climat : Traverser la péninsule Arabique expose à des contraintes thermiques mortelles. Afin d’éviter les chaleurs suffocantes de l’été saoudien, où le thermomètre dépasse régulièrement les 45°C à l’ombre, elle a choisi de planifier son itinéraire sur deux hivers consécutifs.
  • Le calendrier culturel : Ce découpage temporel lui a également permis de respecter la période du Ramadan, durant laquelle la logistique, le ravitaillement et le rythme de vie local ralentissent considérablement, ce qui aurait rendu la progression et l’assistance de son équipe locale extrêmement complexes.
Qui accompagnait Alice Morrison durant cette expédition dans le désert ?

Bien qu’elle soit le visage de cette aventure, Alice Morrison était solidement épaulée par une équipe locale spécialisée.

  • L’équipe humaine : Elle partageait la piste avec Shaya Al Shaya, un marcheur saoudien expérimenté. L’équipe de soutien comptait également un cuisinier pour la gestion des bivouacs et un chamelier traditionnel pour diriger la caravane.
  • La logistique de transport : La progression s’appuyait sur deux chameaux pour le transport du matériel de campement de base. En complément, un véhicule d’assistance 4×4 suivait l’expédition à distance respectable pour assurer les ravitaillements critiques en eau potable et en nourriture dans les zones les plus arides.
Un documentaire sera-t-il produit sur cette traversée inédite ?

Oui, cette aventure humaine et scientifique a fait l’objet d’une captation vidéo professionnelle tout au long de la route.

  • Le contenu visuel : Une grande partie des 2 200 kilomètres a été filmée afin de donner naissance à un film documentaire. Les images capturent l’immensité des paysages saoudiens et le quotidien de cette longue marche.
  • La dimension culturelle : Au-delà du simple exploit sportif, le documentaire met en lumière les découvertes de Morrison sur des sites archéologiques préislamiques très rares et souvent méconnus. Elle y accorde également une place centrale au témoignage des femmes saoudiennes, documentant leur rôle croissant et crucial dans la préservation du patrimoine historique et culturel du royaume.
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1 message sur “Alice Morrison en Arabie saoudite : 2 200 km à pied à travers le désert”

  1. ophélie dit :

    c’est une sacrée aventuriere, et dire que y’a des gens qui n’osent même pas visiter Ryad de peur de ne pas supporter la culture. Là elle casse tous les stereotypes . chapeau bas à cette grande dame

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