Tyler Andrews bat le record d’ascension de l’Everest avec oxygène en 9h55

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Tyler Andrews bat le record d'ascension de l'Everest avec oxygène en 9h55

Record Everest Tyler Andrews — Le 27 mai 2026, l’ultratraileur américain Tyler Andrews a inscrit son nom dans l’histoire de l’alpinisme en atteignant le sommet de l’Everest en seulement 9 heures et 55 minutes, avec assistance en oxygène. Parti du camp de base à 19h11, il a touché le toit du monde à 5h06 du matin, battant le précédent record détenu par Lakpa Gelu Sherpa depuis 2003 (10h56) d’une heure entière. Ce n’était pas une tentative facile : c’était la septième fois que cet athlète de 35 ans s’élançait sur les pentes de l’Everest, après avoir essuyé six échecs successifs entre 2025 et le début de la saison 2026. Ce jour-là, tout s’est aligné.

Pour comprendre ce que représente cette ascension, il faut remonter un peu en arrière. Tyler Andrews n’est pas un alpiniste traditionnel. C’est avant tout un coureur de montagne, un athlète de l’extrême qui a bâti sa réputation sur la vitesse en haute altitude. Il détient plus de 90 records sur six continents, notamment sur le Manaslu (8 163 m), le Kilimandjaro et l’Aconcagua. L’Everest, lui, lui résistait.

En 2025, il avait réalisé pas moins de cinq tentatives sur le versant sud, chacune interrompue par des conditions météo hostiles, un manque d’oxygène embarqué ou des problèmes d’équipement. Une sixième tentative quelques jours avant ce record s’était là encore soldée par un demi-tour entre le Balcon (8 400 m) et le sommet, à cause de vents violents. À chaque échec, il redescendait. Et recommençait.

Ce niveau de persévérance force le respect, même chez les alpinistes les plus aguerris. Sur son podcast Ty’s Training, Andrews parle souvent de « childlike wonder » — cet émerveillement presque enfantin qui lui permet de continuer à croire quand tout semble jouer contre lui.

La nuit du 27 mai 2026

C’est dans cette fenêtre météo extrêmement étroite — la saison de printemps sur l’Everest fermait officiellement le 29 mai — que Tyler Andrews a choisi de s’élancer une dernière fois.

Départ à 19h11 du camp de base. Les premières heures sont celles que les habitués connaissent bien : la séracs menaçants de la cascade de glace du Khumbu, le plateau du Western Cwm, la face du Lhotse. Des terrains que Andrews connaît désormais presque par cœur tant il les a parcourus.

Pour cette tentative, il a opté pour l’assistance en oxygène — une décision stratégique, après avoir constaté lors de la tentative précédente que ses limites physiologiques sans bouteille étaient atteintes à haute altitude. Ce choix a changé la donne. Avec l’O2, les derniers 2 000 mètres deviennent différents : pas faciles, mais moins meurtriers pour le cerveau et les muscles.

À 5h06 du matin le 28 mai, il posait le pied sur le sommet. 9 heures et 55 minutes après son départ.

Ce que représente vraiment ce record

Il faut replacer ce chrono dans son contexte pour en saisir toute la portée.

Voici quelques repères utiles :

  • Lakpa Gelu Sherpa avait établi le précédent record en 10h56 en 2003, soit il y a plus de 20 ans
  • Andrews l’efface avec 61 minutes d’avance, ce qui est colossal à cette altitude
  • Le record toutes catégories (sans oxygène, versant nord) appartient à Kaji Sherpa, une autre bête de compétition himalayenne
  • La saison 2026 était particulièrement chargée en tentatives et en drames sur l’Everest
  • Andrews avait déjà simulé l’ascension sur tapis de course en décembre 2025 : 8 817 m de D+ en 8h17, un record mondial lui aussi

Ce dernier point mérite qu’on s’y attarde. En décembre dernier, dans un magasin La Sportiva à Boulder (Colorado), il avait passé plus de 8 heures sur un tapis incliné à 20 % pour « grimper » virtuellement l’Everest. L’exercice avait permis de lever des fonds pour sa fondation Chaski, qui soutient des jeunes athlètes au Népal et en Équateur. Un geste qui dit beaucoup sur l’homme.

Tyler Andrews bat le record d'ascension de l'Everest avec oxygène en 9h55

Mon regard sur cette performance

Je suis les tentatives de Tyler Andrews depuis ses records sur le Manaslu en 2023, et je dois dire que cette ascension me touche différemment des autres exploits du genre. Il y a quelque chose de particulièrement humain dans ce parcours : des années de préparation, six échecs publics, une saison 2025 catastrophique, et cette ténacité absolue à revenir.

Ce n’est pas le genre d’athlète qui se cache derrière une communication soignée. Ses mises à jour en direct sur son site, ses échanges avec son père dans son podcast, son engagement pour la fondation Chaski — tout ça dessine le portrait d’un coureur qui court pour des raisons profondes. On est loin de la logique purement performative.

Et puis il y a ce contexte personnel lourd : cette ascension était dédiée à Greg Krupa, un ami proche et soutien de Chaski, décédé en avril 2026. Andrews le mentionne explicitement sur son site. Difficile de ne pas y voir une motivation supplémentaire dans ces dernières heures de nuit à 8 000 mètres.

Ce que ça change pour l’alpinisme de vitesse

L’ascension rapide de l’Everest avec oxygène n’est pas nouvelle — des Sherpas d’élite ont toujours été les maîtres de cette discipline. Mais qu’un coureur de trail occidental, formé sur les trails et les ultras, vienne s’imposer sur ce terrain, c’est un signal fort.

Cela confirme plusieurs tendances observées depuis quelques années dans le monde de la montagne :

  • La frontière entre trail running et alpinisme s’efface de plus en plus à haute altitude
  • Les méthodes d’entraînement des ultratraileurs (volume, endurance musculaire, gestion de l’effort) s’avèrent transférables en Himalaya
  • La FKT (Fastest Known Time) devient un format de compétition à part entière, même sur les 8 000

Andrews n’a pas gravi l’Everest comme un alpiniste classique, avec bivouacs et progression lente entre les camps. Il l’a couru, ou presque. Cette approche remet en cause bien des certitudes sur la manière d’appréhender les géants himalayens.

Et la suite ?

Officiellement, l’objectif initial d’Andrews était le record sans oxygène — un défi autrement plus brutal, qui relève d’une autre catégorie physiologique et mentale. Pour 2026, il avait annoncé une tentative sur le versant nord (Tibet), mais les conditions et les autorités nepálaises ont imposé leurs propres contraintes cette saison.

Un documentaire est en production, prévu pour fin 2026. Il devrait retracer l’intégralité du parcours, des premières tentatives manquées jusqu’à ce sommet arraché à la dernière fenêtre météo disponible. Je l’attendrai avec curiosité.

En attendant, ce record avec oxygène est officiel, homologué, et il tient. Pour combien de temps ? C’est une autre question.

FAQ

Tyler Andrews a-t-il battu le record de l’Everest sans oxygène ?

Non, la performance historique qu’il vient de signer s’inscrit dans une autre catégorie.

  • Le record de 2026 : Le chrono record établi le 28 mai 2026 par Tyler Andrews concerne uniquement l’ascension avec assistance en oxygène (O2).
  • L’objectif initial : L’athlète américain avait initialement passé plusieurs saisons à tenter de briser le record de vitesse sans oxygène supplémentaire. Cependant, après plusieurs tentatives infructueuses et un rapatriement médical plus tôt dans la saison, il a réajusté sa stratégie pour se concentrer sur une tentative express en utilisant des bouteilles d’oxygène, une approche physiologiquement très différente.
Quel était le précédent record d’ascension de l’Everest avec oxygène ?

Le précédent temps de référence tenait bon depuis plus de deux décennies.

  • L’ancien record : Il était détenu par le légendaire grimpeur népalais Lakpa Gelu Sherpa, qui avait bouclé la montée en 10 heures et 56 minutes au cours de la saison 2003.
  • La nouvelle marque : En s’élançant du camp de base à 19h11 pour atteindre le sommet à 5h06 du matin heure locale, Tyler Andrews a pulvérisé ce temps de 61 minutes, fixant le nouveau record absolu de vitesse avec assistance respiratoire à 9 heures et 55 minutes.
Qu’est-ce que la fondation Chaski ?

C’est l’organisation caritative qui donne une portée solidaire aux exploits sportifs de l’athlète.

  • La mission : Co-fondée par Tyler Andrews, la Chaski Foundation est un organisme à but non lucratif qui œuvre pour le développement de programmes sportifs et éducatifs. Elle soutient activement les jeunes athlètes issus de milieux ruraux ou défavorisés, principalement au Népal et en Équateur.
  • Le financement : Les campagnes de communication et le suivi en direct de son projet himalayen (Project Himalaya) servent de plateforme de levée de fonds. Une part importante des dons récoltés est directement reversée pour fournir du matériel, du coaching et des opportunités de compétition à cette future génération de coureurs.
Tyler Andrews est-il un alpiniste professionnel ?

Son profil est atypique : il vient du monde de la course à pied de très haut niveau.

  • Un coureur d’ultra-endurance : Andrews est avant tout un coureur de trail et de montagne professionnel, membre de l’équipe élite de la marque La Sportiva. Capable de courir un marathon sur route en 2h15, il s’est spécialisé dans les FKT (Fastest Known Times) sur des reliefs techniques.
  • Une approche moderne : Plutôt que d’adopter les codes de l’alpinisme lourd ou classique, il applique aux très hauts sommets (comme le Manaslu, l’Ama Dablam ou l’Everest) les méthodes d’entraînement et la logistique minimaliste des ultra-marathoniens : déplacements en short et t-shirt à basse altitude, gestion méticuleuse de l’hydratation et transitions ultra-rapides.
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1 message sur “Tyler Andrews bat le record d’ascension de l’Everest avec oxygène en 9h55”

  1. marc dit :

    toujours plus haut, toujours plus loin et maintenant toujours plus rapide, à quand l’arrêt de ces conneries, l’alpinisme ne veut plus rien dire

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