Partir en trekking pour la première fois, c’est un peu comme préparer une aventure dont on rêve depuis longtemps. On imagine déjà les sentiers de montagne, les panoramas à couper le souffle, les nuits sous les étoiles. Mais avant de fouler ces chemins mythiques, il faut passer par une étape cruciale : choisir son équipement. Et là, ça peut vite devenir un casse-tête. Entre les marques qui promettent monts et merveilles, les vendeurs qui vous noient sous les termes techniques, et votre budget qui vous rappelle à l’ordre, difficile de s’y retrouver.
Pourtant, bien choisir son matériel de trekking n’a rien de sorcier quand on comprend quelques principes de base. L’idée n’est pas d’acheter l’équipement le plus cher ou le plus sophistiqué, mais celui qui correspond vraiment à vos besoins, à votre pratique et aux conditions que vous allez rencontrer. Un randonneur qui part trois jours dans les Vosges n’aura pas les mêmes exigences qu’un trekkeur qui s’apprête à traverser les Andes pendant deux semaines.
Dans cet article, je vais vous guider pas à pas pour constituer votre première panoplie de trekkeur. Vous découvrirez les équipements indispensables, ceux qui peuvent attendre, et surtout comment faire les bons choix sans vous ruiner ni vous encombrer inutilement.
- Le sac à dos, votre compagnon de route
- Les chaussures de marche, la base de tout
- Le système de couchage pour des nuits réparatrices
- Les vêtements en système trois couches 🧥
- Les accessoires indispensables et ceux qui peuvent attendre
- La trousse de secours et les petits plus qui changent tout ✨
- Établir son budget et prioriser ses achats
- Tester son équipement avant le grand départ
- FAQ sur le choix de son équipement de trekking
Le sac à dos, votre compagnon de route
C’est probablement l’achat le plus important. Votre sac à dos de trekking va porter tout votre univers pendant plusieurs jours, alors autant ne pas se tromper. La première question à se poser : quelle capacité ? Pour un trek de trois à cinq jours en autonomie partielle, visez entre 40 et 50 litres. Si vous partez une semaine ou plus en totale autonomie, montez plutôt vers 60-70 litres.
Mais la capacité ne fait pas tout. Le système de portage est absolument essentiel. Un bon sac doit transférer le poids sur vos hanches, pas sur vos épaules. Prenez le temps d’essayer plusieurs modèles en magasin, chargés avec au moins 10 kg. Marchez avec, montez des escaliers, bougez dans tous les sens. Vous devez sentir que le sac épouse votre dos et que la ceinture ventrale fait vraiment son travail.

Les modèles récents proposent des systèmes de ventilation dorsale très efficaces qui limitent la transpiration. C’est un vrai plus quand on grimpe sous le soleil. Côté marques, Osprey, Deuter ou Gregory ont fait leurs preuves, mais les enseignes comme Décathlon proposent aussi d’excellents rapports qualité-prix avec leurs gammes Forclaz. Un bon sac d’entrée de gamme coûte entre 100 et 150 euros, et vous accompagnera pendant des années si vous en prenez soin.
Les chaussures de marche, la base de tout
Vos pieds sont vos meilleurs alliés en trek, alors chouchoutez-les. Le choix des chaussures de randonnée dépend du terrain et de la durée de vos sorties. Pour débuter, je vous conseille des chaussures montantes qui maintiennent bien la cheville, surtout si vous portez un sac chargé. Les basses conviennent plutôt aux terrains peu accidentés et aux charges légères.
Le critère numéro un, c’est le confort immédiat. Une chaussure de trek ne se fait pas vraiment au pied comme une basket classique. Si elle vous serre ou vous blesse en magasin, fuyez. Essayez-les toujours en fin de journée quand vos pieds sont un peu gonflés, avec les chaussettes que vous utiliserez en rando. Prenez une pointure au-dessus de votre taille habituelle pour éviter que vos orteils cognent dans les descentes.

La semelle doit offrir une bonne accroche (regardez du côté de Vibram) et un certain amorti. Pour les treks en moyenne montagne ou les sentiers bien tracés, une membrane imperméable type Gore-Tex est très appréciable. Elle garde vos pieds au sec sous la pluie tout en laissant s’évacuer la transpiration. Comptez entre 80 et 180 euros pour une paire de qualité. N’oubliez pas de les roder sur plusieurs petites sorties avant votre grand départ, ça évite bien des ampoules 💧.
Le système de couchage pour des nuits réparatrices
Bien dormir en trek, c’est 50% de la réussite de votre aventure. Votre système de couchage comprend trois éléments : le sac de couchage, le matelas et éventuellement la tente si vous bivouaquez.
Le sac de couchage adapté à la saison
La température de confort est l’indicateur à privilégier, pas la température extrême. Si vous partez l’été en montagne où les nuits descendent vers 5-10°C, prenez un sac confort 5°C. Les sacs en duvet sont plus légers et compressibles, parfaits pour limiter le poids, mais perdent leurs propriétés s’ils sont mouillés. Les sacs synthétiques sont plus lourds mais résistent mieux à l’humidité et coûtent généralement moins cher.
Pour débuter, un sac synthétique entre 60 et 100 euros fera largement l’affaire. Les marques comme Cumulus, Mountain Hardwear ou même Quechua proposent d’excellents modèles. Vérifiez que la forme momie épouse bien votre morphologie et que la capuche se resserre facilement.

Le matelas, votre meilleur ami pour le dos
Exit les vieux tapis de sol en mousse de nos grands-parents. Les matelas gonflables modernes sont légers, compacts et offrent un vrai confort. La valeur R indique l’isolation thermique : plus elle est élevée, mieux vous serez isolé du sol froid. Pour l’été, une valeur R de 2 à 3 suffit. En haute montagne ou hors saison, montez vers 4 ou 5.
Thermarest reste la référence, mais Sea to Summit ou Décathlon proposent des alternatives très correctes autour de 50-80 euros. Privilégiez un modèle avec valve de gonflage rapide, vous gagnerez un temps précieux au campement.
Les vêtements en système trois couches 🧥
Le fameux système trois couches n’est pas qu’un concept marketing. C’est vraiment la meilleure approche pour gérer votre température corporelle en trek. La première couche (sous-vêtements techniques) évacue la transpiration. La deuxième (polaire ou doudoune fine) isole et conserve la chaleur. La troisième (veste imperméable) protège du vent et de la pluie.
Oubliez le coton qui absorbe l’humidité et met des heures à sécher. Privilégiez les matières synthétiques type polyester ou la laine mérinos pour la première couche. Cette dernière a l’énorme avantage de ne pas sentir mauvais même après plusieurs jours. Pour la couche intermédiaire, une bonne polaire légère fait l’affaire. Inutile d’investir 200 euros dans une doudoune en duvet pour débuter.
La veste imperméable mérite qu’on y mette le prix. Une membrane type Gore-Tex ou équivalent vous garantit de rester au sec même sous une pluie battante. Comptez 120 à 250 euros selon les modèles. Vérifiez qu’elle soit bien respirante, avec des aérations sous les bras.
Pour le bas, un pantalon de trek léger et un pantalon imperméable suffisent. Les modèles convertibles pantalon-short sont pratiques quand les températures varient. Prévoyez aussi une casquette, un bonnet léger, des gants fins et des chaussettes de randonnée techniques (évitez d’en prendre trop, deux ou trois paires suffisent).
Les accessoires indispensables et ceux qui peuvent attendre
Une fois les bases couvertes, quelques accessoires vont considérablement améliorer votre confort. Les bâtons de marche soulagent vos genoux dans les descentes et vous donnent de la stabilité. Les modèles télescopiques sont pratiques pour les ranger dans le sac. Comptez 30 à 80 euros la paire.
Une gourde ou poche à eau de 1,5 à 2 litres est vitale. Les poches à eau type Camelbak permettent de boire sans s’arrêter, mais sont plus difficiles à nettoyer. Une simple gourde en plastique ou en inox fait très bien l’affaire. Ajoutez des pastilles de purification d’eau si vous comptez remplir en rivière.
Côté éclairage, une lampe frontale est indispensable, même si vous ne comptez pas randonner de nuit. Les modèles LED actuels sont puissants et économes. 20 à 40 euros suffisent pour une lampe fiable.
Parmi les équipements qui peuvent attendre :
- Le GPS de randonnée (votre smartphone avec une appli type Maps.me ou AllTrails suffit largement)
- La tente ultra-légère à 400 euros (commencez par les refuges ou une tente d’entrée de gamme)
- Les vêtements techniques haut de gamme (les gammes intermédiaires sont très bien pour débuter)
- Le réchaud ultra-compact si vous mangez en refuge

La trousse de secours et les petits plus qui changent tout ✨
Une trousse de premiers soins compacte est obligatoire. Elle doit contenir des pansements, des compresses, du désinfectant, des anti-inflammatoires, du paracétamol, des pansements anti-ampoules (type Compeed), une bande élastique et une couverture de survie. En pharmacie, on peut vous préparer une trousse adaptée au trek pour 20-30 euros.
Pensez aussi à la protection solaire : crème indice 50, lunettes de soleil catégorie 3 minimum, et baume à lèvres. En altitude, le soleil tape fort et les coups de soleil arrivent vite. Un couteau multifonction type Opinel ou Victorinox vous rendra mille services.
Pour la gestion du matériel, des sacs de compression ou sacs étanches légers aident à organiser votre sac et protéger les affaires de la pluie. Quelques sacs poubelle font aussi très bien l’affaire pour débuter. Une batterie externe permet de recharger votre téléphone si vous partez plusieurs jours.
Établir son budget et prioriser ses achats
Parlons chiffres, parce que l’équipement de trek représente un investissement. Pour un équipement complet de qualité décente, comptez entre 600 et 900 euros. Ça peut sembler beaucoup, mais c’est du matériel qui vous servira pendant des années.
Voici comment prioriser vos achats si vous avez un budget serré. Investissez d’abord dans les chaussures (150 euros) et le sac à dos (120 euros). Ce sont les deux éléments qui impactent le plus votre confort. Ensuite, complétez avec le système de couchage (100-150 euros) et la veste imperméable (120 euros).
Pour le reste, vous pouvez commencer avec ce que vous avez déjà dans vos placards. Un vieux sweat en polaire, un pantalon de jogging, des t-shirts synthétiques. Améliorez progressivement au fil de vos sorties. Les ventes privées des grandes marques outdoor proposent régulièrement des réductions de 30 à 50%. Les fins de série en magasin sont aussi de bonnes opportunités.
L’occasion est une excellente option pour débuter. Les groupes Facebook dédiés au matériel de montagne, Vinted ou Leboncoin regorgent d’équipements en bon état. Beaucoup de gens achètent du matos, font un ou deux treks, puis revendent. Soyez simplement vigilant sur l’état réel du matériel, notamment pour les chaussures et les sacs de couchage 🔥.

Tester son équipement avant le grand départ
Voilà une erreur que font trop de débutants : partir directement pour un trek de plusieurs jours sans avoir testé leur matériel. Croyez-moi, découvrir que votre sac vous blesse le dos ou que vos chaussures provoquent des ampoules au bout de trois heures de marche, c’est la garantie d’un trek raté.
Organisez plusieurs sorties à la journée avec votre équipement complet, sac chargé. Testez vos chaussures sur différents terrains, par tous les temps. Montez votre tente chez vous ou dans votre jardin pour maîtriser le montage. Préparez vos repas avec votre réchaud si vous en avez un.
Cette phase de rodage vous permet aussi d’ajuster le contenu de votre sac. Vous réaliserez vite que certaines choses sont superflues et que vous avez oublié des petits détails pratiques. Notez tout, affinez votre liste. Un trek réussi, c’est 80% de préparation et 20% d’improvisation sur place.
FAQ sur le choix de son équipement de trekking
Combien pèse un équipement de trek complet pour une semaine ?
Pour un trek d’une semaine en autonomie partielle avec nuits en refuge, comptez entre 8 et 12 kg selon votre équipement et votre capacité à voyager léger. En autonomie totale avec tente, réchaud et nourriture, le poids se situe plutôt entre 12 et 18 kg. L’objectif est de ne jamais dépasser 20% de votre poids corporel afin de préserver le dos et les articulations sur la durée.
Peut-on débuter le trekking avec un petit budget ?
Oui, sans aucun problème. Commencez par des treks en refuge qui ne nécessitent ni tente ni réchaud. Investissez en priorité dans les éléments essentiels comme les chaussures et le sac à dos, puis complétez avec du matériel d’entrée de gamme ou d’occasion. Un équipement fonctionnel peut être constitué pour 400 à 500 euros, avec la possibilité d’améliorer progressivement selon votre pratique.
Faut-il privilégier le neuf ou l’occasion pour son premier équipement ?
L’occasion est une excellente option pour débuter, notamment pour le sac à dos, la tente ou les vêtements techniques. En revanche, les chaussures sont à acheter neuves pour des raisons de confort et d’hygiène, et le sac de couchage mérite une attention particulière. Vérifiez toujours l’état du matériel d’occasion : coutures, fermetures éclair et absence de moisissures.
Quand renouveler son équipement de trekking ?
Les chaussures doivent être remplacées après environ 800 à 1200 kilomètres selon l’usage. Un sac de couchage bien entretenu peut durer plus de 10 ans, tandis qu’un sac à dos se conserve généralement entre 5 et 10 ans si les coutures restent solides. Les vêtements techniques se renouvellent lorsqu’ils perdent leurs propriétés imperméables ou respirantes. Un bon entretien prolonge largement la durée de vie de l’équipement.
