Découvrir l’Islande à pied : préparation pour le Laugavegur

Découvrir l'Islande à pied : préparation pour le Laugavegur

Découvrir l’Islande est sans doute l’un des projets les plus exaltants pour un amateur de grands espaces et de géologie vivante. Ce sentier mythique, qui relie les montagnes de rhyolite colorée de Landmannalaugar à la vallée verdoyante de Thórsmörk, est classé parmi les plus beaux treks au monde par de nombreux magazines spécialisés. S’engager sur ce parcours de 55 kilomètres, c’est accepter de traverser des déserts de cendres noires, de franchir des champs de lave fumants et de contempler des glaciers millénaires, tout en affrontant une météo islandaise réputée pour son caractère imprévisible.

La réussite de cette aventure repose sur une logistique millimétrée. Contrairement aux randonnées classiques en Europe continentale, l’Islande impose des contraintes environnementales uniques. L’isolement est réel et les secours, bien qu’efficaces, interviennent dans des conditions parfois dantesques. Pour vivre cette expérience sereinement, il faut comprendre que le Laugavegur n’est pas qu’une simple marche ; c’est une immersion dans une terre brute où l’homme n’est qu’un invité éphémère. Cet article vous livre les clés pour anticiper chaque aspect de votre voyage.

Une planification rigoureuse pour l’Islande

Le premier pilier de votre projet concerne le calendrier. La saison de randonnée sur les hautes terres islandaises est extrêmement courte, s’étendant généralement de fin juin à début septembre. Avant et après ces dates, les routes de type « F » (pistes de montagne) sont fermées à la circulation car la neige bloque encore les cols. Même en plein mois de juillet, il n’est pas rare de croiser des tempêtes de neige sur le plateau de Hrafntinnusker, le point le plus haut du trek.

Réserver ses hébergements est la deuxième étape cruciale. Les refuges gérés par l’association Ferðafélag Íslands affichent complet plusieurs mois à l’avance. Si vous optez pour le bivouac, sachez que le camping sauvage est strictement interdit dans la réserve naturelle de Fjallabak. Vous devrez impérativement planter votre tente à proximité des refuges officiels. Cela nécessite un budget spécifique car l’accès aux emplacements et aux sanitaires est payant, reflétant le coût de la vie élevé en Islande.

L’équipement technique indispensable

Face au climat subarctique, la règle des trois couches n’est pas une suggestion, c’est une obligation de survie. Pour Découvrir l’Islande à pied, votre garde-robe doit être composée exclusivement de matériaux synthétiques ou de laine mérinos. Le coton est à proscrire absolument : une fois mouillé, il ne sèche pas et aspire la chaleur corporelle, favorisant l’hypothermie. Une veste imperméable de type Gore-Tex avec une colonne d’eau de 20 000 mm est le minimum requis pour contrer les pluies horizontales.

  • Veste et pantalon de pluie haute performance (hardshell).

  • Chaussures de randonnée montantes, rigides et parfaitement imperméables.

  • Sandales ou chaussures d’eau pour la traversée des gués (indispensable).

  • Sac à dos de 50 à 65 litres avec une housse de protection anti-pluie renforcée.

  • Bâtons de marche pour stabiliser les passages dans la boue et les rivières.

  • Système de cuisson résistant au vent (type Jetboil ou réchaud à essence).

La gestion des gués et des obstacles naturels

L’une des particularités les plus marquantes du Laugavegur est l’absence de ponts sur plusieurs rivières glaciaires. Traverser un gué est un exercice technique qui demande du sang-froid. L’eau, issue directement des glaciers comme le Mýrdalsjökull, est proche de 0°C. Le courant peut être fort et le fond de la rivière instable. La règle d’or est de ne jamais traverser seul et de toujours détacher la ceinture ventrale de son sac à dos pour pouvoir s’en libérer en cas de chute.

Le passage de la rivière Bláfjallakvísl est souvent redouté. Le niveau de l’eau varie selon l’heure de la journée et la température : plus il fait chaud, plus la fonte des glaces est importante et plus le débit augmente. Il est souvent préférable de traverser tôt le matin. L’utilisation de bâtons de marche permet de tâter le fond et de maintenir un troisième point d’appui contre le courant. Cette confrontation directe avec les éléments est ce qui rend ce trek si authentique et mémorable.

Alimentation et autonomie sur le sentier

Il n’y a aucun magasin de ravitaillement entre le point de départ et l’arrivée. Vous devez porter l’intégralité de votre nourriture pour quatre à cinq jours. Les repas lyophilisés sont la solution privilégiée pour leur légèreté, mais n’oubliez pas d’inclure des aliments plaisirs pour le moral, comme du chocolat noir ou des fruits secs. L’Islande est une terre d’eau pure ; vous pourrez remplir vos gourdes directement dans les ruisseaux de montagne, ce qui limite considérablement le poids au départ.

Une anecdote souvent partagée par les randonneurs locaux concerne le « Hákarl » (requin fermenté), que certains emportent pour se donner du courage. Plus sérieusement, visez un apport calorique quotidien de 3 000 à 3 500 calories. L’effort physique cumulé au froid brûle les réserves rapidement. Pensez également à emporter un thermos de thé ou de soupe chaude pour les pauses déjeuner, souvent écourtées par le vent cinglant qui balaie les plaines de cendres de l’Emstrur.

Sécurité et navigation par mauvais temps

La visibilité peut chuter à moins de cinq mètres en quelques minutes à cause du brouillard ou des tempêtes de sable volcanique. Le balisage est présent (piquets en bois), mais il peut être masqué par la neige ou la brume. Avoir une trace GPS sur son téléphone (avec batterie externe) ou une montre de sport est essentiel. Cependant, la connaissance de la lecture de carte et l’usage de la boussole restent les seules méthodes infaillibles si l’électronique tombe en panne à cause du froid.

L’application islandaise SafeTravel est l’outil de référence pour la sécurité. Elle permet de consulter les alertes météo en temps réel et de laisser son plan de route aux autorités. En cas de tempête majeure, les gardiens de refuge (wardens) peuvent décider de bloquer les départs. Écoutez toujours leurs conseils ; ils connaissent le terrain mieux que quiconque. La modestie face à la nature est la première qualité du randonneur en Islande.

Préparation physique et mentale

Bien que le dénivelé total ne soit pas vertigineux (environ 1 500 mètres de montée cumulée), le terrain est exigeant. Marcher dans le sable volcanique mou ou sur de la neige molle fatigue les muscles plus rapidement que sur un sentier terreux. Un entraînement spécifique incluant des marches avec un sac chargé de 12 à 15 kg est nécessaire deux mois avant le départ. Cela permet également de « faire » vos chaussures et d’éviter les ampoules qui pourraient gâcher votre voyage.

Mentalement, préparez-vous à l’isolement. Même si le Laugavegur est fréquenté, il y a de longues sections où vous serez seul face à l’immensité. L’Islande est une terre de contrastes qui peut être aussi épuisante visuellement qu’exaltante. La beauté des paysages, comme les cratères rouges de l’Hekla au loin ou les forêts de bouleaux nains de Thórsmörk, agit comme un moteur puissant pour surmonter les moments de fatigue ou de froid.

Impact écologique et préservation des sites

L’écosystème islandais est extrêmement fragile. La mousse qui recouvre les champs de lave met des décennies à pousser et peut être détruite par un seul pas mal placé. Il est impératif de rester sur les sentiers balisés. La philosophie du « Leave No Trace » doit être appliquée avec une rigueur absolue. Rapportez tous vos déchets, y compris le papier toilette, et utilisez uniquement les infrastructures sanitaires prévues dans les zones de refuge.

Le tourisme en Islande a explosé ces dix dernières années, passant de 500 000 à plus de 2 millions de visiteurs annuels. Cette pression oblige les autorités à durcir les règles. En respectant l’environnement, vous participez à la sauvegarde de ce patrimoine naturel mondial. Le Laugavegur est un privilège ; le parcourir demande un comportement irréprochable pour que les randonneurs du futur puissent eux aussi s’émerveiller devant les fumerolles de soufre de Stórihver.

FAQ sur le trek du Laugavegur

Combien de jours faut-il pour le Laugavegur ?

La majorité des marcheurs réalisent le parcours en 4 jours (3 nuits). Les étapes classiques s’arrêtent à Hrafntinnusker, Álftavatn (ou Hvanngil) et Emstrur. Certains randonneurs rapides le font en 2 ou 3 jours, tandis que d’autres prolongent l’aventure vers Skógar via le col de Fimmvörðuháls, ajoutant ainsi 2 jours supplémentaires.

Peut-on trouver de la nourriture dans les refuges ?

Certains refuges vendent quelques articles de dépannage (pâtes, barres de céréales, gaz), mais les stocks sont limités et les prix très élevés. Il ne faut absolument pas compter sur ces ventes pour constituer ses repas. Venez avec votre autonomie alimentaire complète depuis Reykjavík.

Quel est le coût moyen pour Découvrir l’Islande à pied : préparation pour le Laugavegur ?

En comptant le transport en bus 4×4 vers Landmannalaugar (environ 100€ l’aller-retour), les frais de camping (environ 20€ par nuit par personne) et la nourriture importée, prévoyez un budget d’environ 300 à 400€ pour la semaine de trek, hors vols et matériel personnel.

Faut-il un guide pour ce trek ?

Le sentier est bien balisé pour un randonneur expérimenté. Cependant, pour ceux qui n’ont jamais traversé de gués ou qui ne sont pas à l’aise avec l’orientation par mauvais temps, rejoindre un groupe guidé est une excellente option de sécurité. Cela permet aussi d’apprendre énormément sur la géologie locale.

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