GR20 : préparer sa rando, budget, matériel, saison 2026

GR20 : préparer sa rando, budget, matériel, saison 2026

Réaliser la traversée de la Corse par les crêtes est bien plus qu’une simple randonnée ; c’est un pèlerinage minéral, une confrontation brutale et magnifique avec la haute montagne méditerranéenne. Pour cette saison 2026, le mythique GR20 continue de fasciner les marcheurs du monde entier, attirés par la promesse de panoramas époustouflants entre mer et sommets. Cependant, s’élancer sur ces sentiers escarpés ne s’improvise pas. Entre la gestion des réservations auprès du PNRC, l’évolution des tarifs des refuges et la préparation physique indispensable pour encaisser les 11 000 mètres de dénivelé positif, chaque détail compte pour transformer ce défi en une réussite inoubliable.

Le tracé, qui serpente sur environ 180 kilomètres de Calenzana à Conca, reste l’un des itinéraires les plus exigeants d’Europe. En 2026, les autorités du Parc Naturel Régional de Corse (PNRC) ont confirmé des dates d’ouverture des refuges allant du 16 mai au 4 octobre. Cette fenêtre temporelle est cruciale, car en dehors de ces dates, les gardiens ne sont plus présents, les sources peuvent être taries et la neige peut encore bloquer certains cols stratégiques comme la Brèche de Capitello. Pour réussir votre aventure cette année, il est primordial de comprendre que le GR20 se mérite autant par l’effort fourni sur le terrain que par la rigueur de la préparation en amont.

Choisir la meilleure période pour la saison 2026

Le choix du calendrier est le premier facteur de réussite de votre traversée. Pour la saison 2026, trois fenêtres de tir se distinguent, chacune offrant une expérience radicalement différente. Le mois de juin reste le chouchou des puristes. Les journées sont les plus longues de l’année, la flore corse est en pleine explosion de couleurs et les températures sont encore clémentes. Attention toutefois, la neige peut persister sur les versants nord jusqu’à la mi-juin, rendant certains passages techniques sans équipement adapté. C’est la période idéale pour ceux qui craignent la chaleur accablante de l’été corse.

Juillet et août représentent le pic de fréquentation. Si l’ambiance dans les refuges est électrique et conviviale, la chaleur devient un adversaire redoutable, particulièrement dans les dalles rocheuses du sud qui emmagasinent les calories. Les orages de fin d’après-midi, soudains et violents, imposent souvent des réveils très matinaux, parfois dès 4 heures du matin, pour franchir les crêtes avant que le ciel ne gronde. Pour la saison 2026, on observe une tendance de plus en plus marquée vers le mois de septembre. La mer est encore chaude pour les baignades post-randonnée, la foule s’est dissipée et la lumière rasante offre des contrastes de couleurs absolument magiques sur le granite rose.

Enfin, il faut garder en tête que le GR20 est une zone de haute altitude. Même en plein mois d’août, un front froid peut faire chuter les températures proche de zéro degré durant la nuit. La météo en Corse est imprévisible et changeante. Consulter régulièrement les bulletins de Météo France et discuter avec les gardiens de refuge sont des réflexes de survie. Pour 2026, l’anticipation est le maître-mot : les places en refuge s’arrachent dès l’ouverture du système de réservation en janvier, et les créneaux de juin ou septembre sont les premiers à afficher complet.

Le sens de la marche : Nord-Sud ou Sud-Nord

La question divise souvent la communauté des randonneurs. Traditionnellement, le GR20 se parcourt du Nord au Sud (de Calenzana vers Conca). C’est le sens « historique » qui permet de s’attaquer immédiatement aux étapes les plus alpines et techniques alors que la fraîcheur physique est encore présente. Le relief est escarpé, les mains sont souvent sollicitées pour de l’escalade facile (le fameux « II » montagnard), et les paysages sont d’une minéralité absolue. C’est l’option privilégiée par ceux qui veulent vivre l’intensité du parcours dès le premier jour.

À l’inverse, l’itinéraire Sud-Nord gagne en popularité. Partir de Conca permet une mise en jambes plus progressive dans le sud, avec des reliefs plus arrondis et des altitudes moins élevées au départ. Cela laisse le temps au corps de s’adapter au poids du sac et à la chaleur avant d’affronter le redoutable secteur Nord. Quel que soit votre choix, l’expérience reste totale. Notez simplement que croiser les randonneurs venant en sens inverse est une excellente source d’informations fraîches sur l’état des sources ou la météo des cols à venir.

Budget et réservations pour le GR20 en 2026

Organiser son budget pour le GR20 demande une attention particulière car les tarifs ont évolué pour cette nouvelle saison. Le PNRC a ajusté ses prix pour faire face à l’augmentation des coûts logistiques, notamment pour l’approvisionnement des refuges par hélicoptère. En 2026, prévoyez un tarif de 20 € par nuitée pour une place sur bat-flanc (dortoir en refuge) et 12 € pour un emplacement de bivouac avec votre propre tente. La réservation en ligne via la plateforme officielle est strictement obligatoire avant votre départ. Sans votre précieux QR code de confirmation, les gardiens peuvent vous refuser l’accès aux aires de bivouac, la Corse protégeant farouchement ses zones naturelles contre le camping sauvage.

Le budget quotidien dépend énormément de votre degré d’autonomie. Un randonneur « confort » qui prend ses repas au refuge et loue une tente sur place devra compter entre 65 € et 80 € par jour. À l’inverse, un puriste en autonomie alimentaire qui transporte sa propre tente pourra s’en sortir pour environ 20 € à 25 € par jour, couvrant ainsi le bivouac et quelques compléments de nourriture achetés en route. N’oubliez pas que l’argent liquide est roi sur le GR20 : aucune carte bancaire n’est acceptée en altitude. Un passage par le distributeur automatique avant de monter dans le bus pour Calenzana ou Conca est une étape non négociable.

Détail des coûts par poste de dépense

Pour vous aider à y voir plus clair, voici une estimation des tarifs pratiqués pour la saison 2026. Ces prix sont basés sur les moyennes observées dans les différents refuges de la traversée :

  • Hébergement en refuge (dortoir) : 20 € par personne.

  • Emplacement de bivouac (votre tente) : 12 € par personne.

  • Location de tente 2 places (montée sur place) : environ 39 € (bivouac inclus).

  • Repas du soir au refuge : entre 22 € et 28 € selon l’isolement du site.

  • Petit-déjeuner : 10 € à 13 €.

  • Assiette de charcuterie ou fromage corse : 12 € à 15 €.

  • Pain (quand disponible) : 4 € à 5 € la miche.

  • Bières ou sodas : 6 € à 8 € (le prix de l’hélico !).

Au-delà de l’hébergement, n’omettez pas les frais de transport. Le trajet en ferry ou en avion vers Ajaccio, Bastia ou Calvi, suivi de la navette vers le point de départ, peut représenter une part importante du budget global, souvent entre 150 € et 350 € selon l’anticipation de vos réservations de transport.

L’équipement essentiel pour réussir sa traversée

Sur le GR20, chaque gramme est une punition. L’erreur classique du débutant est de partir avec un sac de 15 kg ou plus, ce qui transforme rapidement la randonnée en chemin de croix. Pour la saison 2026, la tendance est au « Lightweight » : viser un sac de 10 à 12 kg maximum, eau comprise. Le choix des chaussures est le point le plus critique. Si les bottes de randonnée classiques à tige haute offrent une protection maximale de la cheville, de plus en plus de randonneurs optent pour des chaussures de Trail ou de Fast-hiking, plus légères et dynamiques, à condition d’avoir le pied déjà bien habitué aux terrains accidentés.

Le système des trois couches reste la règle d’or pour le textile : une couche respirante en laine mérinos (qui limite les odeurs, un vrai plus en refuge), une couche thermique (polaire ou doudoune légère) et une couche de protection (veste imperméable type Gore-Tex). Le soleil corse étant impitoyable, une protection solaire efficace et une casquette sont indispensables. À l’inverse, prévoyez toujours une paire de gants légers et un bonnet, car le vent peut être glacial sur les crêtes à plus de 2000 mètres d’altitude.

La check-list du matériel indispensable

Voici les éléments que vous devez absolument avoir dans votre sac pour affronter la montagne corse en toute sécurité :

  • Sac à dos de 35L à 45L avec une bonne ceinture ventrale pour répartir le poids.

  • Paire de bâtons de marche télescopiques (indispensables pour préserver les genoux en descente).

  • Sac de couchage avec une température de confort autour de 5°C à 10°C.

  • Poche à eau de 2 ou 3 litres (l’hydratation est vitale sur les étapes sèches du sud).

  • Trousse de secours complète : pansements spécifiques pour ampoules (Compeed), désinfectant, antalgiques et couverture de survie.

  • Lampe frontale avec piles de rechange ou batterie chargée (pour les départs nocturnes).

  • Couteau multifonction et briquet.

  • Savon biodégradable pour la toilette et la petite lessive.

Ne négligez pas l’alimentation de l’effort. Même si vous comptez manger dans les refuges, avoir des barres énergétiques, des fruits secs ou de la pâte d’amande dans les poches est essentiel pour éviter le coup de barre lors des ascensions interminables comme celle du Monte Cinto ou du Cirque de la Solitude (désormais contourné par la variante de la Pointe des Éboulis).

Préparation physique et mentale

On ne se lance pas sur le GR20 après six mois de canapé. La préparation doit commencer au moins trois à quatre mois avant le départ. Le secret ne réside pas seulement dans l’endurance cardio-vasculaire, mais surtout dans le renforcement musculaire des jambes et du tronc. Multipliez les sorties en montagne avec du dénivelé, et surtout, faites-les avec votre sac à dos chargé. Vos épaules et vos hanches doivent s’habituer aux points de pression avant le jour J.

Le mental joue également un rôle prépondérant. Il y aura des moments de doute, des genoux qui grincent et des journées de pluie où le moral flanche. Le GR20 est une école de l’humilité. Savoir écouter son corps et accepter de s’arrêter ou de doubler une étape si la forme le permet fait partie de l’expérience. L’entraide entre randonneurs sur le sentier est une source d’énergie incroyable ; ne restez pas dans votre bulle, partagez vos impressions et vos conseils avec ceux que vous croisez.

Foire aux questions — GR20 en 2026

Peut-on faire le GR20 sans réserver les refuges ?

Non, la réservation est strictement obligatoire pour la saison 2026. Le bivouac sauvage est interdit sur l’ensemble du territoire du Parc Naturel Régional de Corse. Les gardiens vérifient systématiquement les réservations à votre arrivée. Si vous n’avez pas de place, vous vous exposez à des amendes et à l’obligation de redescendre dans la vallée.

Y a-t-il des points de ravitaillement sur le parcours ?

Oui, presque tous les refuges vendent des produits de base (pâtes, riz, boîtes de conserve, pain, gaz). Certains bergers sur le chemin proposent également de la charcuterie et du fromage. Cependant, les prix sont élevés et le choix limité. Il est conseillé de prévoir des compléments alimentaires légers et caloriques.

Quel est le niveau de difficulté réel du GR20 ?

Il est classé comme l’un des treks les plus difficiles de France. Ce n’est pas de l’alpinisme, mais certains passages demandent de poser les mains et de ne pas être sujet au vertige. La fatigue accumulée sur 15 jours de marche est le principal facteur de risque. Une expérience préalable de l’itinérance en montagne est vivement recommandée.

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